Titre: Fuir...
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Elle était assise sur le rebord de la fenêtre de sa chambre. Il faisait nuit et la lune, ronde et pleine, illuminait le ciel, couvert de nuages sombres déversant de longues cordes. Le vent était glaciale et la pluie tombait brutalement. On pouvait entendre les goutelettes marteler les vitres de la maison. La jeune fille observait tranquillement les ruelles de Yake, portant attention à chaque recoins, avant qu'un grincement de porte ce fit entendre dans la pièce. Elle se retourna et put voir, au seuil de la porte, une silhouette, grande et assez mince, une silhouette qu'elle ne connaissait que trop bien. La personne se rapprocha d'elle d'un pas lent avant de parler.
...: Sana, il faut que tu partes de Yoru, ce soir.
Sana: Mais de quoi tu parles Gesshoku? Et si c'est encore une de tes blagues stupides, je ne la trouve pas drôle.
Gesshoku: Je parle sérieusement!
Sana: Alors si tu dis vrai, quel est la raison pour laquelle je devrai partir du village?
Son frère hésita quelques instant avant de prendre la parole. Il semblait sérieux mais aussi appeuré, ce qui intrigua profondément sa jeune soeur.
Gesshoku: ...Ils vont venir.
Sana le regarda, d'un air interrogatif.
Sana: De qui tu parles?
Gesshoku ne répondit pas. Il se contenta de se retourner vers la fenêtre et de fixer la lune. Sa jeune soeur, toujours confuse, fit le même geste, espérant trouver une réponse. C'est là qu'elle put trouver ce qu'elle cherchait à comprendre...
Sana: Je vois... Ce sont vraiment eux?
Gesshoku: Oui, c'est pour ça que tu dois t'en aller.
...: Elle n'ira nul part...
Musique d'ambianceTout deux se tournèrent vers la source de ces paroles. Effectivement, quelqu'un se tenait devant eux, bloquant l'accès à la sortie. La silhouette était sombre et imprécise, tout ce que l'on pouvait distinguer, c'était un manteau noir aux nuages rouges. Sana prit soudain peur, elle reconnaissait que trop bien ces personnes habillées ainsi, bien qu'elle avait souhaité ne les revoir jamais. C'était les seules personnes au monde à lui faire perdre son sang froid, depuis maintenant 3 ans et demi...
...: Elle viendra avec nous...
Gesshoku: SANA!! PARS! TOUT DE SUITE!!!
Sana: Je...
Gesshoku: VA-T'EN!!!
Sur ces derniers mots, Sana se dirigea vers la fenêtre et l'ouvrit d'un coup sec. Elle se glissa dans l'ouverture pour atterrir de l'autre côté, dans la rue, toujours déserte. Mais avant de quitter la maison, où elle a vécu pendant 15 longues années, elle pu entendre, en une seconde, un simple murmure.
Gesshoku:
Je t'aime, petite soeur...Elle pensait que les larmes monteraient, mais aucune pleure salée ne sortit de ses yeux, assombrient par la nuit... Elle se mit à courir, sous la pluie, sans se retourner, vers les portes du villages. Elle n'entendait que son souffle s'accéléré au rythme. Elle se remémorait les souvenirs des ses 12 ans, le jour de leur première tentative, un jour d'horreur. Ces images défilaient dans sa tête à une vitesse inimaginable, sans pour autant qu'elle arrête sa course. Elle franchit les portes de son village, et put constater que personne ne surveillait, ce qui tournait à son avantage. Elle croyait n'être plus suivie avant d'entendre non loin:
...: Tu crois t'en être tirée?
Fin de Musique d'ambianceDes frissons lui parcourut tout le corps et elle se figea quelques instants. Mais ils prirent fin quand elle put entendre des pas venir vers elle. Elle ne se retourna pas, mais elle s'enfuit, c'était la seule chose à faire. Elle fonça dans la forêt, au sol boueux et aux allures lugubres et sinistres, en doublant, pas à pas, sa vitesse. Mais, sans regarder où elle allait, elle trébucha et tomba sur un sol inconfortable. Elle ne se releva pas, ses forces l'avaient quittée, comme si ces
personnes lui vidaient de toute son énergie. Elle serra les points, pensant qu'il allait sûrement la rattraper, la capturer, et elle, rester totalement impuissante. Elle ne le voulait pas, mais pourtant, il n'y avait rien à faire.Elle entendait des pas lents, de plus en plus lents, venir vers elle. Elle pensait qu'elle allait mourrir, ici, seule, délaissée, sous une pluie brusque et silencieuse. Elle voyait à présent, que le noir, le noir complet. Le bruit du vent et de la pluie, des pas et de son propre coeur, tous disparus...
Les ténèbres...
Que les ténèbres...
La fin?
Seul diable le souhaitait...
À suivre...